mercredi 20 mai 2015

Quand la parole se tait - Jean Pinesi


Heureusement, il y a le silence. Après le tumulte, la vaine agitation et les mots inutiles – le quotidien, quoi – vient enfin le silence. Discret, il sait se faire oublier. Tapi dans l’ombre de nos chimères, il attend son heure. Il ne demande rien d’autre, le silence, sachant qu’il sera de toute façon notre dernier compagnon de voyage. Quand nos certitudes nous auront abandonnés. Pourtant, nous avons eu notre chance. Au temps où la parole ardente coulait à flots, nous aurions pu nous ménager des berges de sérénité où ancrer l’essentiel : les mots qui déchirent et ceux qui guérissent, le doux et l’amer, le profond et le futile. Mais nous avons préféré nous réfugier derrière les bruits du monde et leurs rassurantes banalités. Quand les mots, incapables désormais de se formuler, butaient sur la barrière de tes lèvres, nous nous sommes pris les mains, faisant de nos bras des ponts que ne traversaient plus que nos regards fatigués. Il nous restait nos yeux pour dire une vie. Avec le silence pour seul témoin. Quand une moitié du pont a été emportée, l’autre s’est retrouvée les bras tendus vers le vide. L’abîme où viennent s’échouer les regrets. Les yeux tournés vers le ciel, voilà qu’elle essaie maintenant de créer des ponts vers l’infini. Avec l’espoir d’y trouver les prémices d’une éternité promise. Là-haut, tout paraît immuable. Figé dans un ordre qu’aucune fureur humaine ne saurait déranger. Rien que du silence. Les choses deviennent éternelles quand on prend de la distance.


La chronique de Jean Pinesi, journal « Coopération » numéro 9 du 24 février 2015.

L’éternelle chanson - Rosemonde Gérard


Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,
Au mois de mai, dans le jardin qui s’ensoleille,
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.
Comme le renouveau mettra nos cœurs en fête,
Nous nous croirons encore de jeunes amoureux,
Et je te sourirai tout en branlant la tête,
Et nous ferons un couple adorable de vieux.
Nous nous regarderons, assis sous notre treille,
Avec de petits yeux attendris et brillants,
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.

Sur notre banc ami, tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d’autrefois nous reviendrons causer,
Nous aurons une joie attendrie et très douce,
La phrase finissant toujours par un baiser.
Combien de fois jadis j’ai pu dire « Je t’aime » ?
Alors avec grand soin nous le recompterons.
Nous nous ressouviendrons de mille choses, même
De petits riens exquis dont nous radoterons.
Un rayon descendra, d’une caresse douce,
Parmi nos cheveux blancs, tout rose, se poser,
Quand sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d’autrefois nous reviendrons causer.

Citation d'Emma Dancourt


« J’aime bien ce verbe ``résister’’. Résister, à ce qui nous emprisonne, aux préjugés, aux jugements hâtifs, à l’envie de juger, à tout ce qui est mauvais en nous et ne demande qu’à s’exprimer, à l’envie d’abandonner, au besoin de se faire plaindre, au besoin de parler de soi au détriment de l’autre, aux modes, aux ambitions malsaines, au désarroi ambiant.

Résister, et … sourire. »

Citations de Confucius

Confucius

-« Lorsque l’on se cogne la tête contre un pot et que cela sonne creux, ça n’est pas forcément le pot qui est vide. »

-« J’entends et j’oublie. Je vois et je me souviens. Je fais et je comprends. »

-« Notre plus grande gloire n’est point de tomber, mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons. »

-« Celui qui comprend son devoir et ne le remplit pas est un lâche. »

-« La joie est en tout : il faut savoir l’extraire. »

Veuve noire - Juliette


Il est 20 heures, j’attends qu’il meure
Notre bonheur était un leurre
Et ça coûte cher de divorcer
C’est bien plus simple de le tuer
J’ai mélangé au rôti d’porc
De l’aspirine, du mediator
Ca fait des morts propres et nettes
Comme ils le disent sur internet
Puisqu’il a l’estomac fragile
Qu’il est cardiaque et hémophile
C’est l’crime parfait, tout en douceur
Il est 20 heures, j’attends qu’il meure

Mais j’comprends pas, monsieur l’agent
C’qu’a pu vous raconter l’SAMU
C’est pourtant simple et évident
L’coeur a lâché, j’en sais pas plus.

Enigme littéraire Bilbo le Hobbit (4) - J.R.R. Tolkien


Dans « Bilbo le Hobbit », la célèbre œuvre de Tolkien, on peut lire toute une série d’énigmes au chapitre V,  « Enigmes dans l’obscurité ».

L’auteur y décrit la première rencontre entre Bilbo Baggins et le machiavélique Gollum. Perdu dans un dédale de galeries ténébreuses au cœur de la montagne des gobelins, le Hobbit arrive soudainement sur les rives glacées d’un lac souterrain. C’est là que vit Gollum. La créature, qui se nomme elle-même « mon trésor », est très intriguée par cette arrivée insolite et inespérée. Pour gagner du temps, parce qu’elle n’a pas encore très faim et qu’elle désire en savoir un peu plus sur  Bilbo, elle lui propose de participer à un concours d’énigmes. Mais très vite, le petit jeu du Gollum devient très dangereux pour le Hobbit : « Si le trésor demande et que ça ne réponde pas, on le mange, mon trésor. Si ça nous demande et qu’on ne réponde pas, alors on fait ce que ça veut, hein ? On lui montre comment sortir, oui ! »




Voici la quatrième énigme posée par Bilbo à Gollum :
« Un œil dans un visage bleu
Vit un œil dans un visage vert.
``Cet œil-là ressemble à cet œil-ci,
dit le premier œil,
Mais en un lieu bas,
Non pas en un lieu haut.´´ »








Réponse :

J’attends - Yves Duteil


J'attends les grands sommets de la plus haute étoile
Où déposer ton coeur pour le garder vivant
J'attends de traverser la vie de salle en salle
De couloirs en entrées, de fauteuils en divans


J'attends de reposer sans peine et sans angoisse
Auprès de ton amour qui traverse les ans
J'attends de rassembler les morceaux de l'espace
Où nous vivrons tous deux jusqu'à la fin des temps



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