mardi 22 décembre 2015

La neige tombe - Henri Warnery


La neige tombe en flèches drues,
Tombe de l’invisible ciel ;
Blancs sont les toits, blanches les rues
Blancs les prés durcis par le gel.

Ainsi qu’une mousse, elle accroche
Aux toits des chalets ses flocons,
Filant sur nous, de proche en proche,
Un moelleux et tiède cocon.

A peine sortis de l’école,
A grands cris, les gamins là-bas
-Vole, ô neige légère, vole ! –
Engagent d’épicures combats.

La neige tombe, quelle fête !
Même les moineaux, les verdiers
Devant mon chalet, à tue-tête,
Chantent sur le haut peuplier !

Et sans trêve, rayant l’air pâle,
S’abat l’essaim silencieux,
Innombrable, des blancs pétales,
Fleuris aux campagnes des cieux.




« La neige tombe » est un poème du suisse Henri Warnery (1859-1902). Il a été publié en 1904 dans le recueil « Aux vents de la vie ». Warnery fut poète, mais aussi professeur de langue et de littérature. Il étudia également la théologie. C’est à lui que l’on doit les paroles de l’hymne neuchâtelois.

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