lundi 30 décembre 2013

La nouvelle année - Elie Ducommun


L’ombre gagnant le monticule,
Eteint l’éclat de ses cristaux.
Et l’on voit dans le crépuscule
Les toits, couverts de blancs manteaux.
Sur la trace de son aînée,
Que fuit un soleil sans chaleur,
Apparaît la nouvelle année,
Vierge pâle, timide fleur.

Quand tu viendras toucher la terre
Du bord de ton voile glacé,
O femme ! Apprends-nous le mystère
Qui joint le futur au passé !
Dis-nous, toi qui sais tant de choses,
Ce que tu caches dans ton sein :
Les noirs cyprès ou bien les roses ?
Les chants joyeux ou le tocsin ?

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vendredi 20 décembre 2013

Histoire et fêtes de Noël : sapin, bûche, crèche , fête des Fous, rois mages, galette des rois, traditions de Noël

« Ainsi vivaient nos ancêtres » - Jean-Louis Beaucarnot


[…]

Sapin, bûche et légendes : les merveilles de Noël 

Le Père Noël n’apparaissant guère en France avant 1900, on peut dire que le sapin de Noël l’a précédé d’assez peu.

Sa parure qui reste verte en hiver lui a valu depuis longtemps d’incarner l’immortalité de la nature. Dans les pays nordiques, il est donc associé aux fêtes antiques de la lumière, souvent orné de rubans colorés, voire agrémenté de torches largement symboliques. Sa tradition s’est maintenue dans les pays germaniques au point au point que leurs princes et princesses, lorsqu’ils partaient se marier en Europe de l’Ouest, l’emportaient souvent avec eux. Ce fut ainsi qu’Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, mari de la reine Victoria, l’introduisit en Angleterre au siècle dernier. Il aurait pu pénétrer aussi en France, mais la tentative de la duchesse de Mecklembourg, belle-fille du roi Louis-Philippe, qui le présenta aux Tuileries en 1840, se solda par un échec. Les Parisiens, soupçonnant quelque habitude protestante, se refusèrent à l’adopter.

La Noël - Jean Aicard


Bénédiction du feu

L’hiver resserre autour du foyer la famille.
Voici Noël. Voici la bûche qui pétille ;
Le « carignié », vieux tronc énorme d’olivier
Conservé pour ce jour, flambe au fond du foyer.
Ce soir, le « gros souper » sera bon, quoique maigre.
On ne servira pas l’anchois rouge au vinaigre,
Non, mais on mangera ce soir avec gaîté
La morue au vin cuit et le nougat lacté,
Oranges, raisins secs, marrons et figues sèches.
Dans un coin les enfants se construisent des crèches,
Théâtres où l’on met des pierres pour décor
Et de la mousse prise aux vieux murs, puis encor’

Des arbres faits d’un brin de sauge, et sur ces cimes,
Le long des fins sentiers côtoyant ces abîmes,
Des pâtres et des rois se hâtent vers le lieu
Où vagit, entre l’âne et le bœuf, l’enfant-Dieu.
Lorsque naquit en lui la Parole nouvelle,
Le blé vert égayait la terre maternelle.
Or, dès la Sainte-Barbe, on fait (semé dans l’eau)
Lever pour la Noël un peu de blé nouveau :
Sur des plats blancs on voit, humble, verdir cette herbe,
Gage mystérieux de la future gerbe,
Qui dit : « Aimez. Croyez. Noël ! Voici Noël ! 
Je suis le pain de vie et l’espoir éternel. »

Veillée de Noël - Auguste Dorchain


Vois comme la neige a couvert la plaine
Et les grands coteaux jadis diaprés :
Décembre frileux a filé sa laine
Sur l’arbre des bois, sur l’herbe des prés.

Sur ce doux tapis de floraisons blanches
Qu’aucun pas humain encor’ n’a foulé,
La lune, montant derrière les branches,
Glisse un blanc rayon du ciel étoilé.

Qu’il fait froid dehors dans la plaine immense !
Pas le moindre vent, pas le moindre cri.
Plus d’un rouge-gorge est mort en silence
Qui dans la forêt n’avait pas d’abri.

Ferme les rideaux, ma chère petite,
Et reviens t’asseoir auprès du bon feu.
Nous serons si bien ! C’est moi qui t’invite ;
Et d’abord, il faut s’embrasser un peu.

Oh ! le clair reflet qui réchauffe l’âtre
Et qui réjouit toute la maison !
Qu’il fait bon ici ! la flamme folâtre
Danse si gaîment au bout du tison !

Citations de Mère Teresa


-« C’est Noël chaque fois que vous souriez à vos frères et leur tendez la main, chaque fois que vous vous taisez pour écouter quelqu’un, chaque fois que vous tournez le dos aux préjugés […]. »

-« Si vous jugez les gens, vous n’aurez plus le temps pour les aimer. »

-« Que pouvez-vous faire pour promouvoir la paix dans le monde ? Rentrer chez vous et aimer votre famille ! »

dimanche 24 novembre 2013

Le sapin - Hans Christian Andersen


Dans la forêt, il y avait un joli sapin. Il était bien placé : du soleil, il pouvait en avoir, de l’air, il y en avait suffisamment et tout autour poussaient beaucoup de camarades plus grands, sapins et pins à la fois. Mais le petit sapin était très impatient de grandir. Il ne pensait pas au chaud soleil et à l’air frais, il n’avait cure des enfants de paysans qui passaient, bavardant quand ils allaient cueillir des fraises ou des framboises. Souvent, ils en avaient un pot tout plein, ou des fraises embrochées sur une paille, puis ils s’asseyaient près de l’arbrisseau en disant : « Oh ! comme il est mignon, ce petit-là ! » Cela, l’arbre ne voulait absolument pas l’entendre.

Noël - Andrée Sodenkamp


Tout l’amour tente encor de gagner la bataille
La neige du jardin a pris son air d’été.
Dieu glisse doucement de la femme à la paille
L’aile de l’ange porte un peu de sang léger.

J’écoute quelque part marcher de lourdes bêtes,
La lune fait briller des tapis à leurs flancs
Et des rois costumés d’avance pour la fête
Avec des gestes ronds se parlent d’un enfant.

Les étrennes des orphelins - Arthur Rimbaud

Perow Grigorjewitsch Wassilij - "Les enfants qui dorment"
I

La chambre est pleine d'ombre ; on entend vaguement
De deux enfants le triste et doux chuchotement.
Leur front se penche, encore alourdi par le rêve,
Sous le long rideau blanc qui tremble et se soulève...
- Au dehors les oiseaux se rapprochent frileux ;
Leur aile s'engourdit sous le ton gris des cieux ;
Et la nouvelle Année, à la suite brumeuse,
Laissant traîner les plis de sa robe neigeuse,
Sourit avec des pleurs, et chante en grelottant...

Harold et Maude - Colin Higgins


[…]

Harold et Maude, perchés sur le capot du corbillard, regardaient une entreprise de construction jeter bas un vieil immeuble, de l’autre côté de la rue. Une lourde boule de fer se balançant au bout d’une chaîne, au sommet d’une haute grue, défonçait briques et mortier, tandis qu’un énorme bulldozer pelletait les gravats et les déversait dans un camion.

-C’est fascinant ! s’exclama Maude, criant pour dominer le vacarme. Absolument fascinant !

Et elle continua, captivée, de contempler ce spectacle.

-Je suis ravi que ça vous plaise, fit Harold, mais je vais vous emmener voir quelque chose de plus sensationnel encore.

Enigme littéraire : Enigme 47 - Charles Cotin

Charles Cotin
Charles Cotin, dit «  l’abbé Cotin » (1604-1681),fut aumônier du roi Louis XIII , mais également poète. Il entra à l’Académie française en 1655. Molière, en profonde discorde avec  cet homme d’église, s’en est inspiré pour son personnage de Trissotin dans « Les femmes savantes ». 

Charles Cotin publie en 1646 un recueil d’énigmes intitulé « Enigmes de ce temps ». Je vous propose ici l’énigme numéro 47 de cet ouvrage :


Mon corps est sans couleur comme celui des eaux,
Et selon la rencontre il change de figure ;
Je fais plus d’un seul trait que toute la peinture,
Et puis mieux qu’un Apelle animer mes tableaux.

Je donne des conseils aux esprits les plus beaux,
Et ne leur montre rien que la vérité pure ;
J’enseigne sans parler autant que le jour dure,
Et la nuit on me vient consulter aux flambeaux.

Parmi les curieux j’établis mon Empire,
Je représente aux Rois ce qu’on n’ose leur dire,
Et je ne puis flatter ni mentir à la Cour.

Comme un autre Pâris je juge les Déesses,
Qui m’offrent leurs beautés, leurs grâces, leur richesses,
Et j’augmente souvent les charmes de l’amour.

                                     Charles Cotin

dimanche 27 octobre 2013

Terre des hommes - Antoine de Saint-Exupéry


[…]

Quelques camarades, dont Mermoz, fondèrent la ligne française de Casablanca à Dakar, à travers le Sahara insoumis. Les moteurs d’alors ne résistant guère, une panne livra Mermoz aux Maures ; ils hésitèrent à le massacrer, le gardèrent quinze jours prisonnier, puis le revendirent. Et Mermoz reprit ses courriers au-dessus des mêmes territoires.

Lorsque s’ouvrit la ligne d’Amérique, Mermoz, toujours à l’avant-garde, fut chargé d’étudier la tronçon de Buenos Aires à Santiago et, après un pont sur le Sahara, de bâtir un pont au-dessus des Andes. On lui confia un avion qui plafonnait à cinq mille deux cents mètres. Les crêtes de la Cordillère s’élèvent à sept mille mètres. Et Mermoz décolla pour chercher des trouées. Après le sable, Mermoz affronta la montagne, ces pics qui, dans le vent, lâchent leur écharpe de neige, ce pâlissement des choses avant l’orage, ces remous si durs qui, subis entre deux murailles de rocs, obligent le pilote à une sorte de lutte au couteau. Mermoz s’engageait dans ces combats sans rien connaître de l’adversaire, sans savoir si l’on sort en vie de telles étreintes. Mermoz « essayait » pour les autres.

Enfin, un jour, à force « d’essayer », il se découvrit prisonnier des Andes.

Échoués, à quatre mille mètres d’altitude, sur un plateau aux parois verticales, son mécanicien et lui cherchèrent pendant deux jours à s’évader. Ils étaient pris. Alors, ils jouèrent leur dernière chance, lancèrent l’avion vers le vide, rebondirent durement sur le sol inégal, jusqu’au précipice, où ils coulèrent. L’avion, dans la chute, pris enfin assez de vitesse pour obéir de nouveau aux commandes. Mermoz le redressa face à une crête, toucha la crête, et, l’eau fusant de toutes les tubulures crevées dans la nuit par le gel, déjà en panne après sept minutes de vol, découvrit la plaine chilienne, sous lui, comme une Terre promise.

Le lendemain, il recommençait.

Nous verrons - François-René de Chateaubriand


Le passé n’est rien dans la vie,
Et le présent est moins encor ;
C’est à l’avenir qu’on se fie
Pour donner joie et trésor.
Tout mortel dans ses yeux devance
Cet avenir où nous courrons ;
Le bonheur est espérance ;
On vit, en disant : nous verrons.

Enigme littéraire « Bilbo le Hobbit » (2) – J.R.R. Tolkien


Dans « Bilbo le Hobbit », la célèbre
œuvre de Tolkien, on peut lire toute une série d’énigmes au chapitre V,  « Enigmes dans l’obscurité ».

L’auteur y décrit la première rencontre entre Bilbo Baggins et le machiavélique Gollum. Perdu dans un dédale de galeries ténébreuses au cœur de la montagne des gobelins, le Hobbit arrive soudainement sur les rives glacées d’un lac souterrain. C’est là que vit Gollum. La créature, qui se nomme elle-même « mon trésor », est très intriguée par cette arrivée insolite et inespérée. Pour gagner du temps, parce qu’elle n’a pas encore très faim et qu’elle désire en savoir un peu plus sur  Bilbo, elle lui propose de participer à un concours d’énigmes. Mais très vite, le petit jeu du Gollum devient très dangereux pour le Hobbit : « Si le trésor demande et que ça ne réponde pas, on le mange, mon trésor. Si ça nous demande et qu’on ne réponde pas, alors on fait ce que ça veut, hein ? On lui montre comment sortir, oui ! »


Voici la seconde énigme, elle est proposée par Bilbo :

« Trente chevaux sur une colline rouge ;
D’abord ils mâchonnent,
Puis ils frappent leur marque,
Ensuite ils restent immobiles. »

Proverbe turc

Tableau d’Eugène Delacroix: " Turc fumant sur un divan "  

« Celui qui cherche un ami parfait reste sans amis »

Chéri, tu ronfles - Lynda Lemay


Moi, j’aurais jamais cru
Que j’penserais au divorce,
Mais l’idée m’est venue
Vers la fin d’la nuit d’noces.
C’est pas que j’te déteste
Ou que j’veux t’voir mourir,
C’est juste que tu m’agresses
Chaque fois qu’tu respires…
Non, c’est pas qu’tu m’écoeures
Ou que j’peux plus t’sentir,
Mais essaie de dormir
Dans la pelle d’un tracteur !

dimanche 29 septembre 2013

Maudit Karma - David Safier


Après des instants de volupté intense, Kim Lange quitte les bras de son amant, Daniel Kohn, pour aller fumer une cigarette sur le toit-terrasse  d’un hôtel de Cologne. Manque de chance, elle reçoit sur la tête le lavabo de la station spatiale russe Photon M3 ...

[…]

Après ce rapide passage en revue de mon existence, je vis soudain la lumière. Celle dont parlent les gens dont le cœur s’est arrêté pendant quelques minutes et qui sont ensuite revenus à la vie.

Je vis la lumière.

Plus brillante à chaque instant.

Merveilleuse.

Elle m’enveloppa.

Douce.

Chaude.

Remplie d’amour.

Je la pris dans mes bras et entrai en elle.

Je me sentais si bien.

Tellement en sécurité.

Tellement heureuse.

J’avais retrouvé la confiance originelle.

Et puis je fus rejetée loin de cette lumière. Je perdis conscience.

Quand je m’éveillai à nouveau je m’aperçus que j’avais une tête énorme.

Et un arrière-train insensé.

Et six pattes. 

Et deux très longues antennes.

Et ce fut le numéro un des pires moments de cette journée !

Il n’existe qu’une seule réaction normale quand on se réveille subitement dans un corps de fourmi : on ne le croit pas.

Le verger - Anna de Noailles


Dans le jardin, sucré d’œillets et d’aromates,
Lorsque l’aube a mouillé le serpolet touffu,
Et que les lourds frelons, suspendus aux tomates,
Chancellent, de rosée et de sève pourvus,

Je viendrai, sous l’azur et la brume flottante,
Ivre du temps vivace et du jour retrouvé ;
Mon cœur se dressera comme le coq qui chante
Insatiablement vers le soleil levé.

L’air chaud sera laiteux sur toute la verdure,
Sur l’effort généreux et prudent des semis,
Sur la salade vive et le buis des bordures,
Sur la cosse qui gonfle et qui s’ouvre à demi ;

Enigme « Bilbo le Hobbit » (1) - J.R.R. Tolkien


Dans « Bilbo le Hobbit », la célèbre œuvre de Tolkien, on peut lire toute une série d’énigmes au chapitre V,  « Enigmes dans l’obscurité ».

L’auteur y décrit la première rencontre entre Bilbo Baggins et le machiavélique Gollum. Perdu dans un dédale  de galeries ténébreuses au cœur de la montagne des gobelins, le Hobbit arrive soudainement sur les rives glacées d’un lac souterrain. C’est là que vit Gollum. La créature, qui se nomme elle-même « mon trésor », est très intriguée par cette arrivée insolite et inespérée. Pour gagner du temps, parce qu’elle n’a pas encore très faim et qu’elle désire en savoir un peu plus sur  Bilbo, elle lui propose de participer à un concours d’énigmes. Mais très vite, le petit jeu du Gollum devient très dangereux pour le Hobbit : « Si le trésor demande et que ça ne réponde pas, on le mange, mon trésor. Si ça nous demande et qu’on ne réponde pas, alors on fait ce que ça veut, hein ? On lui montre comment sortir, oui ! »


Voici la première énigme, la plus simple, posée par le vieux Gollum à Bilbo :

« Qu’est-ce qui a des racines que personne ne voit,
   Qui est plus grand que les arbres,
   Qui monte, qui monte,
   Et pourtant ne pousse jamais ? »



Solution:

Il faut me jurer de m’aimer - Boris Vian


Il faut me jurer de m’aimer
Tout le temps que la vie vagabonde
Laissera nos deux cœurs dans la ronde
Où le monde est en train de tourner.
Il faut me jurer de m’aimer
Tout le temps qu’un printemps plein de rires
Renaîtra chaque année pour nous dire
Que voici la saison des baisers.

L’amour nous a mis dans les mains
Des oiseaux vermeils,
Des fleurs merveilleuses.
L’amour nous a fait un jardin
Rempli de soleil
Et d’années heureuses.
Il faut me jurer de m’aimer
Tout le temps que la mer aux yeux pâles
Reviendra se draper comme un châle
Sur nos corps échauffés par l’été.

mardi 27 août 2013

Dans les forêts de Sibérie - Sylvain Tesson


[…]


7 mars

A day on ice, les yeux rivés sur les motifs du manteau. Les fractures et les fissures tressent dans le corps gelé un feuilletage électrique dont le courant se propage nerveusement. Les lignes se rétractent, se rejoignent, s’écartent. La glace a absorbé l’énergie des chocs en la distribuant le long de faisceaux nerveux. Les coups de boutoir crèvent le silence. Ils proviennent de l’écho d’une explosion distante de dizaines de kilomètres. Le bruit se décharge par ces réseaux de veinures. Les rayons solaires se réfractent dans les anastomoses. L’écheveau s’enlumine. La lumière irradie les veines de turquoise, les féconde de traînées d’or. La glace se convulse. Elle vit et je l’aime. Les serpentins nacrés dessinent des nœuds pareils aux images des tissus neuronaux ou aux représentations des champs de poussière stellaire. La carte de ces emmêlements tient du psychédélique. Sans drogue, sans vin, mon cerveau perçoit des séquences hallucinatoires. Le monde laisse entrevoir une écriture inconnue. Les motifs défilent, comme nés d’une fumée d’opium. La nature ne nous laisse même pas la consolation de pouvoir projeter des images inédites sur l’écran de notre psyché.

[…]

Enigme: l’an 1 de la Kollaboration


Voici un écrit anonyme, distribué sous forme de tract par la résistance française  au cours de la Seconde Guerre mondiale. Petit texte futé, il échappa à l’intransigeante censure du régime nazi. 

L’an 1 de la Kollaboration

Aimons et admirons le chancelier Hitler
L’éternelle Angleterre est indigne de vivre
Maudissons écrasons le peuple d’outremer
Le Nazi sur la terre sera seul à survivre
Soyons donc le soutien du Führer allemand
Des boys navigateurs finira l’odyssée
À eux seuls appartient un juste châtiment
La palme du vainqueur attend la croix gammée.
                                     
                                             Un vrai Français



Ma question :

Parviendrez- vous à trouver le véritable message de la résistance ?



Solution :

Que le jour me dure ( ou La Romance sur trois notes) - Jean-Jacques Rousseau

Jean-Jacques Rousseau
Que le jour me dure
Passé loin de toi !
Toute la nature
N’est plus rien pour moi.
Le plus vert bocage
Quand tu n’y es pas,
N’est qu’un lieu sauvage
Pour moi sans appas.

Hélas ! Si je passe
Un jour sans te voir
Je cherche ta trace
Dans mon désespoir.
Quand je l’ai perdue
Je reste à pleurer ;
Mon âme éperdue
Est près d’expirer.

Citations de Charles de Gaulle


« La guerre, c’est comme la chasse. Mais, à la guerre, le lapin tire. »

« Pour faire le blocus de Monaco, il suffit de deux panneaux de sens interdit. »

« Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage ? »

« La diplomatie est l’art de faire durer indéfiniment les carreaux fêlés ! »

« Les traités, voyez-vous, sont comme les jeunes filles et les roses : ça dure ce que ça dure ! »

« Je ne vais pas mal. Mais rassurez-vous : un jour, je ne manquerai pas de mourir ! »

jeudi 1 août 2013

Enigme de Zadig (1) - Voltaire

Voltaire
Cette énigme est tirée  du conte philosophique « Zadig ou la destinée » de Voltaire(1694-1778), chapitre « Les énigmes ».

 Zadig arrive au palais royal de Babylone où le grand mage interroge à la ronde. Il pose toute une série de questions et Zadig est le seul  à avoir assez de sagesse pour proposer avec facilité des réponses jugées par tous comme étant « les plus solides ».

Voici la première énigme  du grand mage:


« Quelle est de toutes les choses du monde la plus longue et la plus courte, la plus prompte et la plus lente, la plus divisible et la plus étendue, la plus négligée et la plus regrettée, sans qui rien ne peut se faire, qui dévore tout ce qui est petit et qui vivifie tout ce qui est grand ? 



Réponse :

Enigme de Zadig (2) - Voltaire

Voltaire
Cette énigme est tirée  du conte philosophique « Zadig ou la destinée » de Voltaire (1694-1778), chapitre « Les énigmes ».

 Zadig arrive au palais royal de Babylone où le grand mage interroge à la ronde. Il pose toute une série de questions et Zadig est le seul à avoir assez de sagesse pour proposer avec facilité des réponses jugées par tous comme étant « les plus solides ».

Voici la seconde énigme  du grand mage:


« Quelle est la chose qu’on reçoit sans remercier, dont on jouit sans savoir comment, qu’on donne aux autres quand on ne sait où l’on en est, et qu’on perd sans s’en apercevoir ? »



Réponse :

Une place à prendre - J.K. Rowling


Simon Price, un père de famille violent, se porte candidat au poste vacant du Conseil paroissial de Pagford. Il découvre que ses petits larcins sont étalés au grand jour sur le forum du site internet du Conseil, sous le titre : «Simon Price candidat indigne au Conseil ». Chaque pagfordien peut donc lire cet article diffamatoire signé « Le fantôme de Barry Fairbrother ». Simon entre alors dans une rage folle…

[…]

« Eh bah vas-y, petit merdeux, réfléchis, gronda-t-il. Creuse ta petite cervelle de merde et réfléchis, au lieu de croire… Est-ce que tu as dit à quelqu’un qu’on avait un ordinateur volé, oui ou non ?

-Volé, non…, répondit Paul. Je l’ai dit à personne… même qu’on avait un nouvel ordinateur, je crois que je l’ai dit à personne…

-Je vois, dit Simon. Alors la nouvelle s’est répandue toute seule, par magie, hein, c’est ça ? »

Il pointait du doigt l’écran de l’ordinateur.

Les moulins de mon cœur - Michel Legrand


Comme une pierre que l’on jette
Dans l’eau vive d’un ruisseau
Et qui laisse derrière elle
Des milliers de ronds dans l’eau
Comme un manège de lune
Avec ses chevaux d’étoiles
Comme un anneau de Saturne 
Un ballon de carnaval
Comme le chemin de ronde
Que font sans cesse les heures
Le voyage autour du monde
D’un tournesol dans sa fleur
Tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon cœur

vendredi 5 juillet 2013

Ça m'énerve - Marie-Ange Guillaume


Les télécommandes

Derrière mon poste de télé, sur le parquet, s’entasse un embrouillamini de spaghettis cuits al dente : les fils qui relient la télé à la box, la box au décodeur, le lecteur DVD à la box, la box au téléphone et plus si affinités. Néanmoins, tous ces fils et les trois télécommandes qui régissent l’ensemble sont censés me simplifier la vie. Me voilà donc peinarde, bien calée au creux de mon canapé, prête à regarder un chef-d’œuvre du cinéma arménien, quand le téléphone sonne. Machinalement, j’attrape le premier truc venu et me le colle contre l’oreille en appuyant sur la première touche venue. Comme c’est la commande du lecteur DVD et non le téléphone, le film fait « couic » et retourne au menu général. Comme ça continue de sonner, j’attrape le téléphone fixe mais ça continue de sonner quand même puisqu’on m’appelle sur mon portable. Quand je trouve enfin le portable, planqué sous le chien, le copain a raccroché et m’appelle sur le fixe. Entre-temps, le chat a sauté sur la télécommande du décodeur, ce qui fait que je n’ai plus ni de télé ni de téléphone – c’est hypersensible, ce système. Après avoir bidouillé quelques touches au hasard, je potasse le mode d’emploi traduit du coréen et, n’y comprenant que pouic, j’appelle la hot line. Je tombe sur un monsieur basé au Maroc qui me fait répéter deux fois mon pedigree (adresse, téléphone, numéro de Sécu, âge de mon chien, etc.), puis me fait exposer trois fois mon problème et, enfin, sur le ton du type qui vient de piger l’équation polynomiale de degré 5 (ça s’appelle une illumination), il me demande si, par hasard, je n’aurais pas déménagé. Parce que, des fois, quand on déménage, ça fiche tout en l’air. Un peu interloquée, je réponds que non, il ne me semble pas avoir déménagé entre 20h40 (ça marchait encore) et 21 heures (ça ne marchait plus), je m’en souviendrais. L’air déprimé, le « conseiller » me conseille finalement de rappeler le lendemain, vu que, la nuit, la hot line ne marche pas.


Extrait du livre : « Ça m’énerve » de Marie-Ange Guillaume, éd. Le Passage.

On ne meurt qu’une fois et c’est pour si longtemps - Patrick Pelloux

Jean-Baptiste Lully

Lully, le poids d’un bâton et le choc de la passion 

[…]

Louis XIV a son musicien : Jean-Baptiste Lully, immigré italien. Ils ont six ans d’écart et se fréquentent depuis l’adolescence. Le roi a aussi son auteur de théâtre : Molière. Les trois sont très jeunes, ils se connaissent bien et Lully fait rire aux éclats Molière, son aîné de dix ans. Comme ils sont potes, Lully, dont le talent explose toute la musique de l’époque, écrit la plupart des musiques et des ballets des œuvres de Molière.

Lully est marié et il a des enfants, mais il a aussi des maîtresses et des amants, et notamment un petit page qu’il s’est tapé au vu et au su de tout le monde, ce qui entraînera sa disgrâce auprès du roi. Lully est même accusé d’avoir sodomisé la moitié des chantres de la chapelle. Comme toute la cour, il est libertin et va souvent à l’enclos du Temple, où se trouvent les bordels, les salles de jeu et toutes les formes de débauche. Il aime également le vin, qui n’est pas de grande qualité, mais il picole beaucoup, ce qui n’arrange pas sa santé.

Paradis du rêve - Jean Richepin

 Tableau de Carolus- Duran (1838-1917)

Je m’embarquerai, si tu le veux,
Comme un gai marin quittant la grève
Sur les flots dorés de tes cheveux
Dans le paradis fleuri du rêve.

Ta jupe flottant au vent du soir
Gonflera ses plis comme des voiles                                           
Et quand sur la mer il fera noir
Tes beaux yeux seront mes deux étoiles.

Ton rire éclatant de vermillon
Sera le fanal de la grande hune
J’aurai ton ruban pour pavillon
Et ta blanche peau pour clair de lune.

dimanche 9 juin 2013

Votre fille a vingt ans - Georges Moustaki


Votre fille a vingt ans que le temps passe vite 
Madame hier encore elle était si petite 
Et ses premiers tourments sont vos premières rides 
Madame 
Et vos premiers soucis

Chacun de ses vingt ans pour vous a compté double 
Vous connaissez déjà tout ce qu'elle découvre 
Vous avez oublié les choses qui la troublent 
Madame
Et vous troublaient aussi

On la trouvait jolie voici qu'elle est belle 
Pour un individu presque aussi jeune qu'elle 
Un garçon qui ressemble à celui pour lequel 
Madame 
Vous aviez embelli

American Gothic - Grant Wood


Pour la petite et la grande histoire :

Nous sommes en 1930 aux Etats-Unis, plus précisément en Iowa, un Etat dont les ressources sont essentiellement agricoles. Le krach de Wall Street de 1929 entraîne dans son sillage la ruine d’un grand nombre d’américains. Beaucoup de petits épargnants ont vu leur banque ou leur société d’assurance faire faillite. On ne prête plus aux commerçants, ni aux entreprises. L’heure est au chômage, à la récession, et souvent même à la faim… Les gens n’achètent plus, l’agriculture voit ses prix s’effondrer. Les temps sont durs…Dans les grandes villes, la crise pousse à la création de petites affaires pour survivre et on cherche à innover, afin de se créer une niche commerciale dans ce marasme général.


Invictus - William Ernest Henley


Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière,

Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé,

Citation de Sir Winston Churchill


« Une pomme par jour éloigne le médecin…pourvu que l’on vise bien ! »



Jamais je n’aurais imaginé Churchill en blagueur ! Et pourtant…je trouve la plaisanterie plutôt réussie !

lundi 20 mai 2013

Je, François Villon - Jean Teulé / Les loges de recluses


Extrait 1 :

François Villon a offert sa douce  Isabelle à la pire bande d’écorcheurs et de pilleurs de l’époque, les Compagnons de la Coquille, afin d’intégrer  leur ignoble confrérie. Ces barbares ont sauvagement abusé d’elle et l’ont définitivement salie aux yeux de tous. En signe de pénitence, la pauvre fille décide de s’enfermer dans une loge de recluse au cimetière des Innocents  de Paris.

[…]
Jamais je n’oublierai cette image d’Isabelle qu’on emmure à l’aube au réclusoir des Innocents… Dimenche Le Loup, devenu maître marguillier – en manches relevées, tablier, calot sur ses cheveux frisés – finit d’élever une maçonnerie derrière mon amour qu’il enferme dans un petit réduit où elle ne pourra que se tenir debout ou s’asseoir sur un banc de pierre, jamais se coucher, jusqu’à la fin de ses jours.

-Elle va pisser, chier sous elle, se noyer dans sa merde, me rappelle Dogis qui n’est pas un poète.
-Des passants charitables déposeront de la nourriture entre les barreaux des ouvertures, glisseront des couvertures en hiver…, soupire Guy qui voit les choses autrement. Certaines résistent longtemps. Regarde, là, Jeanne la Verrière, quarante ans qu’elle est dans sa loge.

Je n’en reviens pas. « Quarante années de solitude au cimetière dans une tombe pour vivante par tous les temps, pluie, vent, neige, nuit et jour… »

Citation de Victor Hugo


« Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne.
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l’école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d’une croix.
C’est dans cette ombre-là qu’ils ont trouvé le crime.
L’ignorance est la nuit qui commence l’abîme.
Où rampe la raison, l’honnêteté périt. »


Victor Hugo (1802-1885), « Les Quatre vents de l’esprit »(1881), l.24




Victor Hugo, ou l’engagement fait poème…