jeudi 10 septembre 2015

Je suis de celles - Bénabar



Tiens, qu'est-ce que tu fais là ?
C'est moi, c'est Nathalie
Quoi tu ne me reconnais pas ?
Mais si…

On était ensemble au lycée
C'est vrai, j'ai changé
J'ai des enfants, un mari
Bah quoi, t'as l'air surpris

J'étais pas destinée
A une vie bien rangée
J'étais perdue
Mon mari m'a trouvée

Proverbe de Russie



« Prie Dieu, mais continue de nager vers le rivage ! »

Vous faites voir des os quand vous riez, Hélène - Paul Scarron



Vous faites voir des os quand vous riez, Hélène, 
Dont les uns sont entiers et ne sont guère blancs ; 
Les autres, des fragments noirs comme de l’ébène 
Et tous, entiers ou non, cariés et tremblants.

Comme dans la gencive ils ne tiennent qu’à peine 
Et que vous éclatez à vous rompre les flancs, 
Non seulement la toux, mais votre seule haleine 
Peut les mettre à vos pieds, déchaussés et sanglants.

Ne vous mêlez donc plus du métier de rieuse ; 
Fréquentez les convois et devenez pleureuse : 
D’un si fidèle avis faites votre profit.

Ma promenade en Beauce en aéroplane - Louis Blériot

Le « Blériot XI » (1909) - Reconstitution

[…]

« M’affranchir des champs exigus de manœuvre où l’espace manque, où l’essor est paralysé, où d’inexorables barrières enserrent le vol, telle était ma grande préoccupation.

J’ai pu enfin me lancer, dans l’azur, en plein ciel, avec devant mes yeux, la route aérienne et fluide, par-dessus la plaine, baignée de rayons…Les routes, les talus, les arbres, les fossés, tout galopait sous moi dans une fantasmagorie de songe. Je côtoyais les villages aux blancs clochers, les fermes riaient au soleil. Des laboureurs me regardaient, avec, dans les yeux, une stupéfaction soudaine, le geste interrompu, la face ébahie…La manœuvre de mon appareil ne nécessitait aucun effort. Je m’étais tracé une route sur la carte et je la suivais avec une parfaite exactitude, sans dévier un instant de la ligne voulue. J’avais la sensation d’être l’esclave de mon moteur…J’écoutais avec une appréhension secrète ses réguliers battements ; il battait comme le cœur de la vivante machine. Ah ! si jamais ce cœur s’arrêtait ! L’atterrissage s’effectua sur ces admirables champs de Beauce, à la terre parfumée. Il fut excessivement doux. Je volais à quatre-vingts à l’heure et l’appareil roula sur les sillons, sans s’enfoncer, comme sur un tapis. »


                                              Louis Blériot, Pour l’aviation

Haïku sur l’automne - Annick Combier/ Léa Djeziri



Les pins ont ployé
L’été d’or a basculé
La cigale a chu.

Matin d’automne
Le pin noyé de brume
Rêve aux cigales


Extrait du recueil : « Haïkus des saisons » d’Annick Combier et Léa Djeziri, éditions du Jasmin

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