jeudi 14 juillet 2016

Enfant montrant un dessin – Giovanni Francesco Caroto


Cette œuvre, peinte vers 1515 (ou 1523 selon les sources) par Giovanni Francesco Caroto est une huile sur bois de 37x29cm. Elle est exposée au musée de Castelvecchio à Vérone (Italie). Elle fait partie d’un lot de 17 tableaux prestigieux,  estimés à une valeur de 15 millions d’euros, qui fut dérobé en 2015, puis retrouvé en 2016 en Ukraine.



Le peintre :

Autoportrait de Giovanni Francesco Caroto
Giovanni Francesco Caroto (1480 – 1550) est un peintre de la Renaissance, né à Vérone. « Caroto » fait référence au fait que l’artiste avait les cheveux roux (couleur carotte).


Le tableau « Enfant montrant un dessin » :

Ce célèbre tableau est le portrait d’un jeune garçon qui montre fièrement le dessin qu’il a réalisé. Il est habillé d’une tunique verte au liseré blanc, très sobre. En bas à gauche, on aperçoit ce qui doit être une pièce vestimentaire de couleur rouge, peut-être un chapeau. Les critiques d’art pensent que ce tableau est un autoportrait du peintre et qu’il se serait représenté à l’âge de ses premiers dessins.

En quoi ce portrait est-il singulier ?... me direz-vous. Eh bien, Giovanni Francesco Caroto est le premier artiste qui a représenté un enfant de manière vraiment réaliste et légère. Bien entendu, des enfants, on en avait déjà peints de bien des manières, sous différents traits : en angelots, chérubins, en enfant- Jésus. Mais aussi sous forme de sages portraits rigides, flanqués de visages sérieux et fermés. On faisait poser les petits avec leurs plus beaux habits, dans une pose artificielle. Bref, ces  enfants étaient peints comme des adultes en miniature. 

Rien à voir avec la démarche de Caroto ! Observez ce garçon : le sourire est large, sans trop en faire, les yeux sont pétillants et le regard est amusé. L’artiste a même su lui donner un petit air mutin, avec ce sourire qui en dit long (un peu à la Léonard de Vinci) et ces sourcils rapprochés (effet rendu grâce à un prolongement ombragé des sourcils vers la racine du nez). On l’imagine bien se lancer dans une course effrénée après la séance de pose. Voilà enfin un portrait d’enfant qui respire la gaieté et la vie !

Maintenant, regardez le dessin sur la feuille : un bonhomme esquissé, aux traits simplistes. Les enfants d’aujourd’hui, cinq siècles plus tard, dessinent encore de la même manière. Les genoux semblent écorchés, comme le sont souvent ceux des petits loups… 

Version 1 : Caroto s’est représenté lorsqu’il était jeune, avec un autoportrait de lui- même à la main ! Joli clin d’œil gigogne, qui prête à sourire… « Regardez les amis ! »semble vouloir dire Caroto « Maintenant, je suis peintre, mais lorsque j’étais gamin mes dessins  ne cassaient pas trois pattes à un canard ! »  

Version 2 : Observez l’œil de profil dessiné en bas à droite du dessin d’enfant. Il s’agit manifestement d’une esquisse dessinée par un adulte qui maîtrise le sujet, peut-être par Caroto lui-même. Ce qui pourrait laisser à supposer que cet enfant roux est le fils de l’artiste et qu’il lui a pris une feuille à croquis de son papa pour s’amuser…

Comme souvent, les certitudes ne sont pas légion en peinture. Moi, je retiens surtout qu’il a fallu attendre le XVIème siècle et Giovanni Francesco Caroto pour que la fraîcheur décontractée et la bonne humeur de l’enfance apparaissent dans un portrait...

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