lundi 10 septembre 2012

Hommage à Neil Armstrong: Ballade à la lune - Alfred de Musset


Sur le clocher jauni,
La lune
C’était, dans la nuit brune,
Comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d’un fil,
Dans l’ombre,
Ta face et ton profil ?

Es-tu l’œil du ciel borgne ?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard ?

N’es-tu rien qu’une boule,
Qu’un grand faucheux bien gras
Qui roule
Sans pattes et sans bras ?

Es-tu, je t’en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L’heure aux damnés d’enfer ?

Sur ton front qui voyage,
Ce soir ont-ils compté
Quel âge
A leur éternité ?

Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
S’allonge
En croissant rétréci ?

Qui t’avait éborgnée,
L’autre nuit ? T’étais-tu
Cognée
À quelque arbre pointu ?

Car tu vins, pâle et morne
Coller sur mes carreaux
Ta corne
À travers les barreaux.

Va, lune moribonde,
Le beau corps de Phébé
La blonde
Dans la mer est tombé.

[…]

Oh ! le soir, dans la brise,
Phoebé, sœur d’Apollo,
Surprise
À l’ombre, un pied dans l’eau !

Phoebé qui, la nuit close,
Aux lèvres d’un berger
Se pose,
Comme un oiseau léger.

Lune, en notre mémoire,
De tes belles amours
L’histoire
T’embellira toujours.

Et toujours rajeunie,
Tu seras du passant
Bénie,
Pleine lune ou croissant.

[…]

T’aimera le pilote
Dans son grand bâtiment,
Qui flotte,
Sous le clair firmament !

[…]

Et qu’il vente ou qu’il neige
Moi-même, chaque soir,
Que fais-je,
Venant ici m’asseoir ?

Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

[…]

              Alfred de Musset (1810 - 1857)


Neil Armstrong
Exceptionnellement, j’ai choisi de ne pas publier l’intégralité du poème de Musset, mais de n’en  garder que des moments choisis, afin de rendre hommage à un homme de courage, de sang- froid, toujours discret et modeste, qui est retourné dans les étoiles  pour son dernier voyage, à l’âge de 82 ans : Neil Armstrong.

Il a toujours entretenu un lien très fort avec le ciel, puisqu’il savait piloter un avion à 15 ans, alors qu’il n’avait pas encore son permis auto !  Ingénieur en aéronautique, il  a également  combattu à bord d’un avion de chasse pendant la guerre de Corée. Il entre ensuite à la NASA. Chacun connaît la suite : le 20 juillet 1969, il commande la mission spatiale Apollo 11, qui mènera pour la première fois des hommes sur la surface lunaire. C’est à lui que revient le grand privilège d’y laisser les premières traces de vie… et de prononcer la fameuse phrase : « C’est un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant de l’humanité ». 


La famille de ce héros malgré lui, a demandé au peuple américain de lui rendre hommage de la manière suivante : « La prochaine fois que vous sortez par une nuit limpide et que vous voyez la lune vous sourire, pensez à Neil Armstrong et faites-lui un clin d’œil. »

Si vous désirez lire l’intégralité du poème, je vous recommande de cliquer sur ce lien.

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