samedi 17 novembre 2012

Rosa - Pascal Obispo


Quand d’obéir dégoûte
On s’enfonce dans la vase
Y a toujours une goutte
Qui fait déborder un vase

Et puis se voir dire non
Enfin, enfin le dire
Pour respirer à fond
Se soulager du pire

C’était ça ou crever
Sans fierté à genoux
Quand y a rien à rêver
Qu’est-ce qu’on risque après tout ?

T’avais rien d’mandé là, Rosa
Mais c’est tombé sur toi, ce jour-là
Tu as fait le premier pas
Et y a eu Mandela après toi

T’avais rien d’mandé là, Rosa
Mais c’est tombé sur toi, ce jour-là
T’as fait qu’ouvrir la voie
T’as eu ce courage- là, Rosa

Pour ceux qui dans l’histoire
N’ont pas retenu ton nom…non
Tu es la première Noire
À avoir osé dire « non »

Parce qu’assise dans un bus
Un Blanc voulait ta place
Avec la peur en plus
De l’ regarder en face

Si tu voyais Rosa
Les routes que tu as faites
Parce qu’un jour tu osas
Simplement tenir tête

T’avais rien d’mandé là, Rosa
Mais c’est tombé sur toi, ce jour-là
Tu as fait le premier pas
Et y a eu Mandela après toi

T’avais rien d’mandé là, Rosa
Mais c’est tombé sur toi, ce jour-là
Tu n’as fait qu’ouvrir la voie
Mais tu as eu ce courage- là, Rosa, Rosa

T’avais rien d’mandé là, Rosa, Rosa

T’avais rien d’mandé là, Rosa
Mais c’est tombé sur toi, ce jour-là
Tu as fait le premier pas
Et y a eu Mandela après toi

T’avais rien d’mandé là, Rosa
Mais c’est tombé sur toi
Tu n’as fait qu’ouvrir la voie
Mais tu as eu ce courage- là, Rosa, Rosa






Pascal Obispo
Chanson  extraite de l’album de Pascal Obispo sorti en 2006, « Les fleurs du mal ». C’est son septième album studio. Lionel Florence est l’auteur de ce titre, Pascal Obispo le compositeur et interprète.

Dans ce texte, Pascal Obispo  rend hommage à  Rosa Parks, décédée en 2005.

Vous pouvez écouter cette chanson qui a un magnifique accompagnement au piano, sur votre site musical préféré…

Qui était Rosa Parks ?

Rosa Louise Mc Cauley Parks est une femme de couleur née en 1913, à Tuskegee  en  Alabama. Cet État se situe au sud des Etats-Unis et applique alors des lois ségrégationnistes très strictes ; c’est une société qui cultive des inégalités raciales choquantes de nos jours, mais qui étaient tout à fait passées dans les mœurs des Blancs de l’époque. Chaque Noir doit s’y  conformer et en cas de refus, il s’expose  à une amende sévère de la part d’un tribunal  ou risque même de subir de violentes représailles du Ku Klux Klan, allant parfois jusqu’à  la mise à mort.


Rosa grandit dans ce contexte difficile. Elle devient couturière. En 1932, elle épouse Raymond Parks, un barbier militant au sein de la NAACP (National  Association for the Advancement of Colored People), une association qui lutte pour l’émancipation des Noirs américains. Elle adopte ses idées sur les droits civiques et devient secrétaire du NAACP pour la section de Montgomery.

Le 1 décembre 1955, à Montgomery, alors qu’elle se rend chez elle en autobus après sa journée de travail, elle refuse d’obéir au conducteur James Blake qui la somme de céder sa place en milieu de bus à un homme Blanc et de rejoindre un siège à l’arrière du véhicule. En effet, le règlement était ainsi fait : les places avant des autobus étaient réservées aux Blancs, les places arrière aux Noirs et les places au centre pouvaient être occupées par des Noirs pour autant qu’aucun Blanc n’en ait besoin. Les Noirs devaient acheter leur billet auprès du chauffeur, descendre du bus, puis remonter par la porte arrière afin de ne pas traverser la zone réservée aux Blancs, et enfin rejoindre leur zone à l’arrière ou au centre… Or, 75 % des voyageurs étaient des Noirs. L’humiliation était donc constante ...  Rosa refuse d’obtempérer et reste assise.

Le conducteur applique ses consignes et la fait arrêter  par la police. Elle se retrouve au poste de police : on lui prend ses empreintes, on l’interroge, on la photographie, comme une criminelle.



Peu après, elle est jugée dans le comté de Montgomery, Alabama : elle est condamnée à payer une amende de 10 dollars, plus  4 dollars de frais de justice. Le 5 décembre, elle fait appel de ce jugement. Martin Luther King, un jeune pasteur baptiste de 26 ans, encore inconnu du grand public, et Ralph Abernathy, un autre pasteur de Montgomery également défenseur des droits civiques,  la soutiennent dans sa démarche. Ils lancent une campagne de protestation et un boycott des autobus locaux. 
Rosa Parks et Martin Luther King
Toute la communauté noire de Montgomery se déplace désormais à pied ou dans des taxis conduits par leurs membres au même tarif que les bus. Leurs revendications sont les suivantes :
-Que chacun puisse s’asseoir où il le désire dans les autobus.
-Que les chauffeurs soient courtois à l’égard de tous.
-Que des chauffeurs noirs soient engagés.
Le Ku Klux Klan multiplie les actes d’intimidation et les attentats envers Martin Luther King et son avocat Edgar Nixon. Rosa Parks perd son emploi, à l’instar de nombreux noirs dans la ville. La compagnie d’autobus de Montgomery doit laisser au garage quantité de bus et frôle  la faillite. Mais le boycott durera 381 jours, jusqu’au 13 novembre 1956, jour où la Cour Suprême déclare les lois ségrégationnistes dans les autobus anticonstitutionnelles.

Ces événements ont été à l’origine de la création du mouvement pour les droits civiques qui luttera pour une société égalitaire. C’est pourquoi Rosa Parks porte le qualificatif de « mère du mouvement des droits civiques ». Huit ans plus tard, soit en 1964, le président Lyndon Johnson signe  le « Civil Rights Act » déclarant illégal la discrimination reposant sur la race, la couleur, le sexe ou l’origine nationale.

Le président Lyndon Johnson signe  le « Civil Rights Act »

Après le procès, Rosa ne retrouve pas de travail. En 1957, elle déménage à Hampton (Virginie), puis à Détroit (Michigan). Elle y est employée comme couturière. Plus tard, elle rejoint l’équipe du démocrate de couleur John Conyers, député du Michigan, en tant que secrétaire. Elle  reste à ce poste jusqu’à sa retraite en 1988, tout poursuivant sa lutte pour l’égalité en participant à diverses manifestations, sittings ou interviews.

En 1996, Bill Clinton lui remet officiellement  la « médaille de la liberté ».

Bill Clinton et Rosa Parks

À partir de 2004, Rosa souffre de démence dégénérative. Elle meurt le 24 octobre 2005, à l’âge de 92 ans. Le lendemain, le révérend Jesse Jackson prononcera cette phrase restée célèbre : « Elle s’est assise pour que nous puissions nous lever. […] Paradoxalement, son emprisonnement ouvrit les portes de notre longue marche vers la liberté. »

Le fameux autobus est exposé au musée Henry Ford de Dearborn, dans le Michigan.


 Je vous suggère de visionner un court documentaire sur cette page de l’histoire américaine  à l’adresse suivante :

« http://www.tv5.org/TV5Site/webtv/video-7995-Quand-Rosa-Parks-le-1er-decembre-1955 »

Alors que les élections présidentielles américaines viennent tout juste de se terminer et que Barack Obama débute son second mandat, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue pour Rosa Parks,  lorsque je pense au chemin parcouru depuis ce jour de décembre 1955…

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